La flore microbienne intestinale joue un rôle fondamental dans la santé humaine et pourtant cet écosystème extraordinairement dense reste peu connu.

La notion d'équilibre domine tout le fonctionnement de cet écosystème, comme c'est la règle dans tout écosystème qui se respecte. La flore bactérienne est indispensable au bon fonctionnement du tube digestif, tant au niveau de sa qualité que de sa quantité.

In utero, l'intestin du fœtus est stérile. A la naissance, il est rapidement colonisé par une communauté microbienne provenant de la mère et de l'environnement.

On distingue la flore résidente et la flore de passage.

La flore résidente ou flore saprophyte (contraire de pathogène), c'est-à-dire ne présentant pas de danger pour l'organisme, est constituée de bactéries qui vivent normalement dans l'organisme est présente à l'état physiologique dans l'intestin. Elle se subdivise en flore dominante, constituée de 10 à 20 espèces microbiennes et en flore sous-dominante constituée de bactéries dont certaines peuvent être pathogènes lorsque des conditions particulières permettent leur multiplication.

La flore de passage, comme son nom l'indique, ne s'implante pas dans le tube digestif.

Cependant, en cas de rupture de l'équilibre biologique entre les germes et l'hôte, et tout particulièrement lorsque les défenses de l'organisme sont diminuées, ces bactéries sont susceptibles de devenir pathogènes (dangereuses).

Rôle physiologique de la flore intestinale

Les bactéries intestinales ont un énorme potentiel enzymatique qui a de nombreuses incidences sur la physiologie de l'individu.

Elles interviennent sur :
   . le transit intestinal (péristaltisme)
   . la synthèse des vitamines B (B12) et K
   . les sécrétions d'acides biliaires, cholestérol, hormones, urée
   . la dégradation des nutriments (glucides, lipides, protides)
   . l'équilibre acido-basique (variation du pH)
   . la défense anti-infectieuse (effet immunitaire et effet barrière).

La flore intestinale assure la maturation du système immunitaire intestinal (Plaque de Payer). Les cellules immunitaires stimulées au niveau de la muqueuse intestinale peuvent migrer par exemple au niveau bronchique et synthétiser des anticorps en cas de besoin. Ainsi une flore intestinale saine et normale conditionne l'ensemble du système immunitaire de défense.

Les bactéries du tube digestif sont capables d'un véritable effet barrière vis-à-vis des germes étrangers toxiques.
   . effet drastique : avec élimination rapide du germe étranger,
   . effet permissif : en tolérant une implantation limitée (porteur sain).

Ainsi, la bactérie réprimée est incapable de manifester un pouvoir toxique, tout en étant présente dans l'intestin.

Lorsque l'écosystème bactérien est équilibré, toute souche bactérienne ou virale ne peut s'implanter sans la « permission » de cet écosystème. Toute souche nocive est ainsi écartée.

Rupture de l'équilibre de l'écosystème intestinal

Si les souches responsables de l'équilibre (bactéries à effet barrière) sont éliminées, en quelques heures, les souches nocives prolifèrent et peuvent fabriquer des toxines.

Les facteurs de rupture de l'équilibre peuvent être :

 - liés au terrain :
   . déficit immunitaire (maladie auto immune)
   . mauvaise alimentation ( ou malnutrition).On a démontré qu'un régime riche en graisse (surtout en cholestérol) et pauvre en fibres faisait partie des facteurs de la survenue du cancer du colon.
   . maladies inflammatoires intestinales ( maladie de Crohn)
   . infections virales
   . fistules, sténose (occlusion intestinale, intestins rétrécis)

 - exogènes :
   . chargement rapide d'alimentation
   . variation brutale d'environnement
   . stress
   . thérapeutiques diminuant la résistance de l'individu ou déterminant des altérations du tube digestif (corticoïdes, anti-inflammatoires).

En particulier, les antibiotiques peuvent entraîner une rupture de l'écosystème :
   . par destruction des bactéries à effet barrière
   . par sélection de souches résistances à l'antibiotique (modification de la flore).

Le docteur Georges MOUTON décrit dans son livre .
« L'avènement de la biologie moléculaire et son application à l'écosystème intestinal nous permettrons bientôt de démontrer de manière encore plus éclatante l'inacceptable impact des antibiotiques sur la microflore intestinale humaine. C'est déjà le cas chez la souris. Il est grand temps de se pencher sur le problème car le largage de quantités colossales d'antibiotiques dans les eaux usées des hôpitaux et des habitations privées exerce déjà une pression de sélection sur les bactéries. »


« La multi résistance aux antibiotiques est devenue un problème majeur de santé publiques ».

Nous sommes convaincus de la nécessité d'avoir une flore intestinale performante, et en bon état de fonctionnement.